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Un goût d'infinie vengeance coule dans mes veines souillées de sang noir et pourri. Ce sentiment de haine intense me fait sombrer dans une folie amère, dévorant progressivement ma personnalité. Ma personnalité, c’est une bien belle expression. Ai-je seulement réussi à en acquérir une ? Je me fais peur moi-même et je n’accepte aucune aide extérieure. Mme la psychologue dirait qu’il faut que je m’ouvre au monde. Quelle conne. Quel est ce monde dans lequel je vis ? À vrai dire, qui suis-je ? Que suis-je ? Au court de mon infime existence, je me suis rendue compte que la vie n’est qu’un jeu violent et sanglant. Laissez-moi donc foutre en l'air la mienne. J'aime tant la fraîcheur de la lame de rasoir sur mon corps. La sentir me brûler de douleur. La sentir faire couler mon sang bouillant de colère.
Styx
Tags associés : Prise, conscience
Dimanche 02 Octobre 2011Poster un commentaire
Qui est-elle, cette créature de la nuit qui marche pieds nus sur le bitume froid de cette ville endormie ? Que fait-elle, cette créature de la nuit qui apprécie le souffle de l’enfer sur son corps dénudé ? Un tourbillon de folie épouse ses formes et l’emporte avec lui dans las abîmes sombres et terrifiantes d’une vie dévergondée, perdue parmi les seringues et les feuilles mortes. Tel un oiseau céleste aux ailes noircies par le péché d’avoir aimé. Ses mains fébriles attrapent un sachet soigneusement caché dans ses cheveux sombres. Elle l’ouvre et en sort un petit caillou blanc. Sur le rebord d’une fenêtre quelconque, elle le brise à l’aide d’un rayon de lune tranchant et forme méticuleusement de longs traits d’une blancheur éclatante. En un éclair, son nez s’approche et renifle. Le rebord de la fenêtre retrouve son aspect d’origine. Ses yeux s’ouvrent brusquement et se pupilles se dilatent avec une étonnante rapidité. Un sourire flotte sous ses yeux brillant, son visage n’eût pas été plus rayonnant si elle avait fait l’amour, comme si une tempête sensuelle avait dévasté son ordre intérieur. Ses lèvres s’ouvrent et sa gorge émet une douce jouissance.
Styx
Jeudi 25 Février 2010Poster un commentaire
Je suis plongée dans une pénombre sans limites. Mon cœur palpite encore mais faibles sont mes battements de cils, tels des papillons auxquels l'on aurait écorché les ailes. [ .. ] Il faut que j'écrive, que j'écrive, que j'écrive.. Encore et toujours j'écris. Inlassablement, les mots et phrases s'allongent. Je me moque de la crampe qui rend ferme mon bras. Je me moque de mes doigts douloureux. Je me moque de mon crayon écrase les lettres sur le papier. Le besoin est trop intense. [ .. ] Des expressions qui n'ont plus de sens me submergent. Mes yeux sont fatigués de papillonner devant ces traits fins et tranchants. Je les ferme et les larmes coulent à flot. Elles ruissellent le long de mon cou. [ .. ] Moi qui ai tenté de croire que le bonheur existe. A ce jour j'ai honte d'avoir une conscience. Cette douce joie que l'on a partagée, toute les deux enlacées. Une étreinte ou se mêlait nos caresses et nos baisers, nos pleurs, nos joies et nos tristesses. [ .. ] J'ai besoin de me laver, de rendre pur ce qui m'a souillée. D'un pas lourd je descends les marches de ma haute tour. [ .. ] C'est alors que je suis nue que le rêve commence. L'eau coule, tout d'abord fraiche, le long de mon dos. Mes épaules frissonnent de plaisir et ma respiration cesse un instant. Un instant qui me semble devenir une éternité bien heureuse. L'eau, maintenant tiède, parvient à mes hanches et tombes en suivant mes formes, jusqu'à recouvrir mon sexe souillé par les mains d'Amour, cet enfoiré auquel Benvolio a tenté de me faire croire. [ .. ] Soudain tout devient sombre, en regardant derrière moi je ne perçois plus un brin de lumière. La noirceur m'envahit et gagne ma peau peu à peu. Une brume opaque emplit mon antre. J'entre. La violence de mes mouvements bouleverse les éléments. J'arrive au fond. Je suis parvenue là ou les sons sont amplifiés pas la peur. Ici, règne la terreur. Je suis effrayée par ma grandeur. Plus rien ne vit, moi seule survit. Ma brusque démarche fait sursauter la grande porte de la vie. Tout s'effondre et je reste seule dans l'obscurité.
J'étouffe discrètement. J'étouffe lentement. J'étouffe doucement. J'étouffe sereinement.
____________Le voilà ! L'ange déchu, seul avec sa tristesse, détruit par sa détresse. L'ennui m'envahit, et pourtant.. Je souris.
Styx
Tags associés : Apres
Vendredi 26 Février 2010Poster un commentaire
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