Quand je pense trop fort à toi, je lève les yeux vers le ciel. Les astres me rassurent, ils me comprennent sans me juger. Je crois bien qu'ils m'aiment et me respectent. La lumière de la lune apaise ma souffrance, et seules les étoiles sont capables de me faire dormir d'un sommeil léger. Le soleil brûle ma peau, il m'ouvre les yeux et me rappelle combien la vie est dure. Une sensation de liberté s'empare de mon corps quand le manteau de la nuit m'absorbe. Mon premier envol fut un échec, celui-ci n'échouera pas.
Je risque mon amitié avec toi en écrivant cela. Je sais que quand tu auras lu ce texte tout seras finit. Tout. Je te promets de disparaitre, de m'effacer de ta vie. Petit à petit je m'en irai. Tu n'en souffriras pas, je te libérerai de ce fardeau. En écrivant je franchis un obstacle. Je franchis cette barrière qui m'a tant fait souffrir. Je me tiens debout, le regard fixé vers l'avenir, sans toi. Mes yeux dessinent mon trajet, celui que j'emprunterai quand je m'enfuirai. Ma vision se trouble mais ne m'empêche plus d'avancer. Je m'enfuirai.
Les gouttes de sueur, la fumée, les larmes et les notes de musiques s'entrechoquent. Tout ce mélange confus fait battre mon cœur une dernière fois. Mon âme vidée a perdu à jamais celle que j'ai tant aimée. Ce morceau, message d'adieu que tes oreilles ont perçu, conte notre histoire. Ce rondo retrace les pas que l'on a faits ensemble. Rêver. Tu es la première à avoir fait battre mon cœur. Imaginer. Un malheureux quiproquo nous a séparées a jamais. Penser. Tu seras la dernière à voir mon sourire, ce rayon de soleil que je t'offrirai en guise d'adieu. Je te retiendrais juste quelques secondes pour te faire comprendre que le moment est venu.
Mon crayon court sur le papier. J'ai tant de choses à t'écrire, tant de mots que je n'ai jamais osés de dire ! Je tire furtivement sur ma cigarette et les cendres s'envolent. Ma cigarette, la première à avoir dessoudé notre amitié, je m'en souviens encore de cet été. Je me rappelle de tout. Des images sont encrées dans ma vaste mémoire, des passages de ma vie qui en disent long sur mon passé.
Chaque instant passé en ta compagnie, même s'ils sont rares, même s'ils sont toujours trop courts, même si tu n'es jamais seule, me parait être un cadeau du destin. Mes sentiments sont profonds et sincères. Les autres n'étaient qu'un égarement qui n'a duré que trop longtemps. Maintenant qu'il est trop tard, je m'en rends enfin compte. Je me rends compte de mes erreurs qui ont meurtri mon cœur. Je me rends compte de cette fatalité qui me pousse à bout. Je me rends compte.
Les heures entières passées à jouer pour toi n'ont pas suffit à t'oublier. Les instants harmoniques que mes doigts ont créés n'ont pas réussis à t'effacer. Chaque nuit je rêve de toi. Chaque rêve est douloureux. Chaque douleur m'achève un peu plus. Chacune de mes pensées profanent ton image. Dormir devient un supplice, vivre est un cauchemar. Les mots ne sortent pas, les uniques sons sortis de ma gorge sont éraillés, ont un arrière gout de renfermé, comme une figure de style périmée.
Je veux faire bonne figue mais je n'ai jamais su mentir. Mes parents s'interrogent, mon comportement les alarme. Mes professeurs me réclament, mon attitude passive les inquiète. Les lycéens ont peur, traumatisé par mon besoin de solitude et mon addiction si puissante à la cigarette. Je ne sais plus quoi leur dire. Comment leur expliquer ? Comment faire comprendre à tout ce gens ? Comment leur soutenir que j'aime l'intouchable ? Puisque tu l'es, intouchable, insaisissable et indomptable. On n'aime pas quelqu'un comme toi. Une loi invisible me l'interdit, un acquis de conscience m'en empêche. Je ne peux pas leur démontrer alors je me tais, je choisis de m'emmurer dans un silence lourd et pesant.
C'est simple dur et puissant. C'est enivrant, délirant et révoltant. C'est agréable, surprenant et incompréhensible.
P.S.: Je t'aime.
Styx
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J'kaz !

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